Il y a des fables où La Fontaine se montre particulièrement malicieux. Le Renard et la Cigogne en est l’exemple parfait. Pas de morale assommante, pas de sermon. Juste deux scènes symétriques, une vengeance froide et élégante, et un sourire en coin qui dit tout sur la nature humaine. Et comme toujours dans Recettes et Fables de nos Terroirs, la cuisine n’est pas loin.

La fable : un chef-d’œuvre de construction

« Compère le Renard se mit un jour en frais / Et retint à diner commère la Cigogne. / Le repas fut fort maigre et sans beaucoup d’apprêts ; / Le galant pour toute besogne / Avait un brouet clair… »

Le schéma est d’une symétrie parfaite. Le Renard invite la Cigogne et lui sert un brouet dans une assiette plate, impossible à boire avec un long bec. Plus tard, elle l’invite à son tour et lui sert un ragoût dans un vase au col très étroit. La Fontaine ne juge pas : il observe, et laisse la vengeance opérer avec élégance.

Ce que nous dit cette fable en 2026

Le Renard et la Cigogne, c’est la fable de l’hospitalité sélective, de la générosité de façade, de l’accueil qui humilie plutôt que de nourrir. On la retrouve dans bien des situations contemporaines : l’invitation professionnelle qui met l’autre en position d’infériorité, la convivialité qui cache en réalité un rapport de force.

La réponse de la Cigogne est parfaite de mesure : pas de protestation, pas de vengeance bruyante. Elle rend simplement la monnaie de sa pièce, avec la même courtoisie fausse. Et La Fontaine conclut : « Trompeurs, c’est pour vous que j’écris, attendez-vous à la pareille. »

La choucroute alsacienne : quand le chou devient festin

Le lien entre cette fable et la choucroute ? Le chou fermenté, comme la vengeance de la Cigogne, prend son temps et en vaut la peine. La vraie choucroute alsacienne se prépare avec du chou lacto-fermenté, des pommes de terre, et un assortiment de charcuteries (palette fumée, jarret, lard, saucisses de Strasbourg, saucisse de Montbéliard). Le secret : une cuisson lente dans le Riesling, avec baies de genévrier, clous de girofle et grains de poivre noir. Un plat de partage, généreux, qui réconcilie tout le monde autour de la table.

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