Il y a des paysages qui vous font oublier que vous êtes en France. Le Marais Poitevin est de ceux-là. Des milliers d’hectares de canaux bordés de frênes et de peupliers, des prairies inondées qui verdissent jusqu’à l’irréel, des barques plates qui glissent en silence sous les voûtes végétales… Bienvenue dans la Venise verte, l’un des sites naturels les plus extraordinaires de l’ouest de la France, dont les Deux-Sèvres abritent le cœur le plus sauvage, et que vous trouverez parmi beaucoup d’autres choses insolites et intéressantes dans le livre « Les Deux-Sèvres insolites ».

Un marais taillé dans l’histoire

Le Marais Poitevin n’est pas un marais naturel au sens strict. C’est le résultat de dix siècles de travaux hydrauliques entrepris par les moines de l’abbaye de Maillezais et les ingénieurs du Moyen Âge, qui ont progressivement reconquis sur la mer et les marécages une vaste plaine fertile. Aujourd’hui, ce sont plus de 100 000 hectares de zones humides qui s’étendent entre la Vendée, les Deux-Sèvres et la Charente-Maritime, faisant du Marais Poitevin le deuxième plus grand marais de France après la Camargue.

Le marais mouillé : le cœur de la Venise verte

Le Marais Poitevin se divise en deux zones bien distinctes. Le marais desséché, à l’ouest, a été drainé et mis en culture : c’est une plaine agricole productive, mais sans grand intérêt paysager. C’est le marais mouillé, à l’est, qui justifie tous les superlatifs. Les canaux (appelés conches) s’y ramifient à l’infini sous une canopée végétale qui filtre la lumière en vert émeraude. On s’y déplace uniquement en barque plate, pagaie silencieuse, dans un silence absolu coupé par le seul chant des grenouilles et des oiseaux.

Les villages du marais : Coulon, Arçais, La Garette

Coulon est le village le plus connu, souvent appelé « la capitale du Marais Poitevin ». Ses quais pittoresques, ses loueurs de barques, ses restaurants spécialisés en anguilles et en mogettes (les haricots blancs locaux) en font une base idéale pour explorer le marais. Arçais et La Garette, moins fréquentées, offrent une version plus sauvage et plus authentique de la Venise verte.

  • Balade en barque (non motorisée) : la seule façon de pénétrer dans les canaux les plus étroits
  • Vélo : des centaines de kilomètres de chemins de halage parcourent les digues du marais
  • Observation ornithologique : plus de 120 espèces d’oiseaux nichent dans le marais
  • Gastronomie locale : anguilles fumées, mogettes au lard, cagouilles (escargots) à la charentaise

Un paradis menacé qu’il faut découvrir vite

Le Marais Poitevin est classé Grand Site de France, mais reste fragile. La baisse du niveau des nappes phréatiques, l’intensification agricole et la pression touristique menacent son équilibre. Chaque visite est aussi une forme de soutien à la préservation d’un patrimoine naturel unique. Et ceux qui l’ont traversé une fois en barque reviennent toujours.

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