Il y a des musées que l’on visite pour apprendre, et d’autres pour sourire. Celui-ci, c’est autre chose… Inclassable ! Il se trouve au pied d’une falaise de la vallée du Célé, dans le Lot, à quelques kilomètres de la grotte du Pech-Merle et de ses peintures préhistoriques. Le contraste est total, et c’est précisément ce qui le rend savoureux.

Un tanneur devenu fatrathécaire en chef

Bertrand Chenu était tanneur. Depuis 1988, il assemble, soude, détourne et expose. Il a inventé pour son établissement le titre de fatrathécaire en chef, et pour le lieu lui-même le nom de nimportequoirium, ce qui a le double mérite d’être exact et de prévenir le visiteur.

Le principe est simple : un objet du quotidien, détourné de son usage, devient autre chose et raconte une petite histoire. Une machine à coudre de marque Singer, affublée de cornes, devient la chèvre de Monsieur Singer. Des outils agricoles se transforment en créatures. Et ainsi de suite, sur plus de deux mille pièces, dans un jardin et des bâtiments qui débordent de partout.

De l’art brut, mais qui ne se prend pas au sérieux

On pense évidemment à l’art brut, à ces créateurs autodidactes qui construisent des mondes entiers dans leur jardin, comme le facteur Cheval ou Robert Tatin. Le Musée de l’Insolite appartient à cette famille, mais avec un sens du calembour visuel qui lui est propre. Ici, chaque pièce est une blague en trois dimensions, et le visiteur passe son temps à chercher la chute.

Une visite à faire en famille

C’est le genre d’endroit que les enfants adorent, parce qu’ils comprennent immédiatement le jeu et qu’ils s’en emparent : ils cherchent l’objet d’origine sous le déguisement, et ils y arrivent souvent avant les adultes. Prévoyez une heure, davantage si vous êtes bavards, et de bonnes chaussures, car une partie de la visite se fait dehors.

Un coin du Lot qui vaut le détour

La vallée du Célé, plus discrète que celle du Lot, est une merveille de falaises, de moulins et de villages accrochés. Le Pech-Merle est à côté, avec ses chevaux ponctués vieux de vingt-cinq mille ans, et Saint-Cirq-Lapopie n’est pas loin. Une journée dans ce secteur mêle la préhistoire, la poésie et le nimportequoirium : peu de régions offrent un programme aussi complet.

Quand peut-on visiter ?

Essentiellement à la belle saison, et les horaires varient selon les années : un coup de téléphone avant de faire la route reste la meilleure des précautions, comme pour beaucoup de petits musées tenus par une seule personne.

Est-ce vraiment un musée ?

Question légitime, et la réponse est oui : il y a une collection, un lieu, et quelqu’un qui la conserve et la présente. Ce n’est simplement pas une collection dont les conservateurs de la Rue de Valois avaient l’habitude.

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