L'orthographe avec le sourire


Homophones

Un mot qui se prononce pareil tout en changeant de sens selon l’orthographe : voilà le royaume sournois des homophones. Près d’une faute sur cinq, dans les dictées scolaires, vient d’une confusion de ce type. Voici la liste des principaux pièges du français, avec pour chacun l’astuce qui tranche en une seconde.

La liste des homophones à connaître

a ou à

a est le verbe avoir, à est une préposition. Remplacez par « avait » : si la phrase tient, c’est « a ». Il a faim, il avait faim. Il va à Paris, pas « il va avait Paris ».

et ou est

Remplacez par « était ». Il est grand, il était grand. Pierre et Paul, pas « Pierre était Paul ».

on ou ont

Remplacez par « avaient ». Ils ont mangé, ils avaient mangé. On mange, pas « avaient mange ».

son ou sont

Remplacez par « étaient ». Ils sont partis, ils étaient partis. Son chapeau reste son chapeau.

ce ou se

Se accompagne toujours un verbe et se remplace par « me » ou « te » : il se lave, je me lave. Ce accompagne un nom ou introduit une idée : ce livre, ce que je pense.

c’est, s’est, ces, ses, sais, sait

Le plus redoutable de tous, parce qu’ils sont six. C’est se remplace par « cela est ». S’est accompagne un verbe pronominal : il s’est levé. Ces désigne, et se remplace par « ceux-là » : ces livres-là. Ses possède, et se remplace par « les siens » : ses livres à lui. Sais et sait sont le verbe savoir.

ou ou où

Remplacez par « ou bien ». Si cela fonctionne, pas d’accent : thé ou café. Sinon, c’est le lieu ou le temps : la ville où je vis.

la, l’a, là

La se remplace par « une » : la maison, une maison. L’a se remplace par « l’avait » : il l’a vu, il l’avait vu. indique le lieu : viens là.

leur ou leurs

Devant un verbe, jamais de s. Devant un nom, accord avec le nom. Toute la règle est ici.

peu, peut, peux

Remplacez par « pouvait » : il peut venir, il pouvait venir. Sinon, c’est la petite quantité : un peu de sel.

près ou prêt

Prêt s’accorde et signifie préparé : elle est prête. Près est invariable et signifie à côté.

quel, quelle, qu’elle

Qu’elle se remplace par « qu’il » : je veux qu’elle vienne, je veux qu’il vienne. Sinon, c’est l’adjectif, qui s’accorde : quelle heure, quels livres.

Le principe qui les résout presque tous

Vous l’aurez remarqué : la plupart de ces astuces reposent sur un seul geste, le remplacement. On essaie un autre mot dans la phrase, et la phrase répond elle-même. C’est bien plus fiable que d’essayer de se souvenir d’une règle, parce que l’oreille tranche immédiatement.

Et le remplacement fonctionne parce que les homophones ne sont jamais de même nature grammaticale. Un verbe conjugué se remplace par un autre temps du même verbe, un déterminant par un autre déterminant. C’est la nature du mot qui décide de son orthographe, pas son son.

Des fables pour s’en souvenir

Prenons Annie. Ou plutôt, Annie nie. Une brave fille que tout accuse, et qui inlassablement nie. On lui dit : « Tu as menti ! » Elle répond : « Non. Annie nie. » Tout le jeu repose sur le verbe nier, dont la conjugaison ressemble tant à un prénom qu’on ne sait plus si l’on parle d’une phrase ou d’une personne.

Dans « C’est comme ça », un écureuil rêveur écrit comme il entend et répond, désarmant : « Je le dis comme ça, donc je l’écris comme ça. » Pas faux. Mais pas juste non plus.

Dans « Cancan », deux vieilles poules commentent la vie du poulailler, et la rumeur se déforme au fil des répétitions. C’est ce que j’ai cru. C’est bien ce que j’ai cru, moi aussi. Cru, crue, crus : la rumeur n’est qu’un bruit, souvent mal entendu, donc mal écrit.

Les fautes ne sont pas une punition

Elles sont un terrain de jeu, où les mots dansent, glissent et se déguisent, et nous obligent à réfléchir en souriant. C’est tout le principe des Fables d’Orthographe : 75 fables où Piwitt l’écureuil fait passer l’exigence grammaticale par le plaisir du texte, sans jamais prendre le ton du maître d’école.

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Questions fréquentes

Qu’est-ce qu’un homophone, exactement ?

Un mot qui se prononce comme un autre mais s’écrit différemment et n’a pas le même sens. Vert, verre, vers et ver en sont quatre.

Combien y a-t-il d’homophones en français ?

Plusieurs centaines, mais une quinzaine de cas concentre l’essentiel des fautes courantes. Ce sont ceux de la liste ci-dessus.

Comment les faire apprendre à un enfant ?

Par le remplacement, jamais par la récitation de règles. Un enfant qui a pris l’habitude d’essayer « était » à la place de « est » ne se trompe pratiquement plus.

Pourquoi le français en a-t-il autant ?

Parce que son orthographe a conservé la trace de l’étymologie latine alors que la prononciation, elle, a continué d’évoluer. Des mots d’origines différentes ont fini par se prononcer de la même façon.

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