On le met dans l’agneau, les pommes de terre rôties, les marinades. Mais le romarin est bien plus qu’un aromate : tonique digestif, stimulant circulatoire, antioxydant, et l’une des rares plantes qui nourrit les abeilles en plein hiver. Voici ses bienfaits, la façon de le préparer en infusion, et comment le cultiver sans le faire mourir.
Les bienfaits du romarin
Un tonique digestif et hépatique
C’est son usage le mieux établi. Le romarin stimule la production de bile et facilite la digestion des graisses. Après un repas copieux, une infusion de romarin est l’un des remèdes de grand-mère les plus fiables. Il est également carminatif : il réduit les ballonnements et les spasmes intestinaux.
Un antioxydant reconnu
L’acide rosmarinique et l’acide carnosique qu’il contient sont des antioxydants puissants, au point que l’extrait de romarin est utilisé comme conservateur naturel dans l’industrie alimentaire, pour empêcher les graisses de rancir.
Mémoire et concentration : ce que l’on sait vraiment
Le romarin traîne depuis l’Antiquité une réputation de plante de la mémoire, et les étudiants grecs, dit-on, en portaient des couronnes pendant leurs examens. Des travaux récents se sont penchés sur l’inhalation de son huile essentielle et sur le 1,8-cinéole qu’elle contient, avec des résultats encourageants sur l’attention.
Restons prudents : ces études portent sur de petits effectifs et ne permettent pas d’en tirer une promesse. Une branche de romarin sur le bureau ne remplacera pas une bonne nuit de sommeil. Mais elle sent bon, et cela n’a jamais nui à la concentration.
En usage externe
Diluée à 3 % dans une huile végétale, l’huile essentielle de romarin massée sur les jambes lourdes stimule la circulation, et en friction sur des muscles endoloris, son effet réchauffant apporte un soulagement appréciable après l’effort.
Précautions. L’huile essentielle de romarin est déconseillée pendant la grossesse et l’allaitement, chez le jeune enfant, et en cas d’antécédents d’épilepsie ou d’hypertension. Elle ne s’applique jamais pure sur la peau. En cas de doute, ou si vous suivez un traitement, demandez conseil à votre pharmacien.
L’infusion de romarin : comment la préparer
Comptez une cuillère à café de feuilles, fraîches ou séchées, par tasse. Versez l’eau frémissante plutôt que bouillante, couvrez, et laissez infuser dix minutes. Le couvercle n’est pas un détail : il retient les composés aromatiques volatils, qui sont précisément ceux qui vous intéressent.
Le goût est franc, résineux, un peu camphré. Une rondelle de citron ou une cuillerée de miel l’adoucit. Une à deux tasses par jour, en cure de quelques semaines plutôt qu’en continu.
Reconnaître et récolter le romarin
Rosmarinus officinalis, dont le nom latin signifie « rosée de mer », pousse naturellement en bord de Méditerranée. C’est un arbuste persistant pouvant atteindre 1,5 mètre, aux feuilles étroites et coriaces, vert sombre dessus et argentées dessous, qui offre ses petites fleurs bleues de janvier à avril.
La récolte se fait toute l’année, ce qui est l’un de ses grands avantages. Les jeunes rameaux sont les plus parfumés. Cueillez de préférence le matin, par temps sec, avant la floraison si vous le destinez au séchage.
Cultiver le romarin sans le faire mourir
La cause de mortalité numéro un du romarin en pot n’est pas le froid, c’est l’excès d’eau. Il résiste à des gelées modérées, jusqu’à moins dix degrés environ, et supporte parfaitement la sécheresse, mais l’humidité stagnante au pied lui est fatale.
Plantation : plein soleil, sol pauvre, pierreux et surtout bien drainé. En pot, une couche de billes d’argile au fond et un arrosage seulement quand la terre est sèche sur plusieurs centimètres.
Taille : après la floraison, pour garder une forme compacte et stimuler les nouvelles pousses. Ne taillez jamais dans le vieux bois, qui ne repart pas.
Multiplication : par boutures de tiges semi-ligneuses en été. L’enracinement est facile, et c’est le moyen le plus simple d’en offrir autour de soi.
Au jardin, une plante précieuse
Le romarin est l’une des rares ressources des abeilles et des bourdons en janvier et février, quand presque rien d’autre ne fleurit. Planté en bordure de potager, il rend également service en éloignant certains ravageurs.
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Questions fréquentes
Peut-on boire de l’infusion de romarin tous les jours ?
Une à deux tasses par jour, en cure de trois semaines, est l’usage traditionnel. En continu et à forte dose, il est déconseillé, notamment en cas d’hypertension ou de troubles biliaires. Demandez conseil à votre pharmacien si vous suivez un traitement.
Pourquoi mon romarin en pot meurt-il ?
Presque toujours par excès d’eau. Un romarin préfère la soif à l’humidité, et un pot sans drainage lui est fatal en un hiver.
Peut-on congeler le romarin ?
Oui, mais il se sèche mieux qu’il ne se congèle. Suspendu en petits bouquets à l’abri de la lumière, il conserve son parfum une bonne année.
Romarin frais ou séché, en cuisine ?
Le séché est plus concentré : comptez une dose pour trois de frais. Le frais convient mieux aux cuissons courtes, le séché aux mijotés.
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