Une lessive maison au lierre ne coûte rien. Pas « pas grand-chose » : rien du tout. Les feuilles poussent sur le mur du voisin, l’eau sort du robinet, et le résultat lave aussi bien qu’un bidon à douze euros. Voici la recette complète, et les dix-neuf autres produits du quotidien que l’on peut fabriquer de la même manière.
La recette de la lessive au lierre
Ingrédients
- 50 feuilles de lierre fraîches et propres
- 1 litre d’eau
- Quelques gouttes d’huile essentielle de lavande, facultatif
Préparation
- Lavez rapidement les feuilles pour enlever poussières et insectes.
- Coupez-les grossièrement et mettez-les dans une casserole.
- Ajoutez le litre d’eau froide et portez à ébullition.
- Laissez frémir 15 minutes, puis reposer 24 heures.
- Filtrez soigneusement et versez dans un bidon propre.
- Ajoutez l’huile essentielle si vous le souhaitez.
Utilisation et conservation
Comptez environ 100 ml par machine, de 30 à 60 degrés. Agitez le bidon avant chaque usage. La préparation se conserve une à deux semaines au réfrigérateur : c’est court, et c’est normal pour un produit sans conservateur. Préparez donc de petites quantités plutôt qu’un grand bidon.
Un mot sur ce qui surprend le plus les débutants : cette lessive mousse très peu. La mousse des produits industriels est un effet ajouté, destiné à rassurer l’utilisateur, et elle ne lave rien. Son absence n’est donc pas un échec de votre préparation.
Pourquoi le lierre lave
Ses feuilles luisantes contiennent des saponines hédéracosides, qui se libèrent au moment de l’ébullition. Ce sont des tensioactifs naturels : ils dissolvent les graisses comme le ferait un savon végétal, décrochent les taches, et n’agressent pas les fibres. La macération de vingt-quatre heures sert à en extraire le maximum.
Le procédé n’a rien de nouveau. Le lierre était déjà employé dans l’Antiquité pour ses propriétés nettoyantes, et les lavandières d’Europe s’en servaient traditionnellement quand la saponaire venait à manquer.
Deux autres plantes fonctionnent sur le même principe. La saponaire officinale, dont les racines renferment jusqu’à 8 % de saponines, donne une mousse fine et douce, parfaite pour la soie, la laine et les dentelles. Et le marron d’Inde, qui tombe gratuitement en automne, offre un pouvoir lavant équivalent à celui des noix de lavage himalayennes, sans les faire venir de l’autre bout du monde.
Les dix-neuf autres produits que l’on peut remplacer
Une fois la lessive réussie, l’envie vient de continuer. Et l’on s’aperçoit que la plupart des flacons du placard ont leur équivalent végétal.
L’entretien de la maison : nettoyant multi-usages, produit pour vitres et miroirs, anticalcaire, produit WC, cire pour meubles, pâte de nettoyage à tout faire, parfum d’ambiance, détachant pour cuir.
Le soin du linge : lessive pour linge délicat, adoucissant végétal, détachant, et même teinture végétale pour tissus.
L’hygiène et les soins : dentifrice végétal, déodorant longue tenue, savon doux aux plantes, shampoing solide, liquide vaisselle.
Le jardin et le potager : insecticide naturel et répulsif anti-insectes.
Combien cela fait-il économiser ?
Un bidon de lessive industrielle coûte huit à quinze euros ; la lessive au lierre est gratuite. Un pot de cire à meubles coûte douze euros ; une cire maison revient à trois euros de cire d’abeille qui durera des mois. Un tube de dentifrice, quatre euros par mois ; un dentifrice maison, quelques centimes. Multipliez par vingt produits, sur une année.
Mais l’argent n’est pas le seul argument. Fabriquer soi-même, c’est savoir exactement ce que l’on utilise, choisir ses ingrédients, éviter les allergènes. Et ce sont des bocaux en verre réutilisables à l’infini au lieu de bidons.
Les erreurs de débutant
Vouloir tout remplacer en une semaine est le meilleur moyen d’abandonner. Un produit à la fois, celui dont vous manquez, et on passe au suivant quand le premier est devenu une habitude.
Négliger la conservation est l’autre écueil. Une préparation sans conservateur industriel se garde moins longtemps : petites quantités, étiquette avec la date, et un coup d’œil avant chaque usage. Enfin, un produit maison n’est pas anodin parce qu’il est naturel : certaines plantes sont irritantes, et un essai sur une petite surface avant de traiter un meuble entier évite bien des regrets.
« Je le fais moi-même (avec des plantes !) »
Vingt produits du quotidien, soixante recettes, trois par produit. Pour chacun, les trois plantes utilisées sont d’abord présentées : pourquoi elles fonctionnent, comment elles agissent. Viennent ensuite les recettes détaillées, ingrédients, étapes et astuces, accompagnées d’une histoire, d’une légende ou d’un savoir ancien sur la plante.
Ce n’est pas un manuel scientifique. Pas besoin de laboratoire ni de diplôme : les gestes sont à la portée de tous et les ingrédients faciles à trouver. Le livre se termine sur une liste de fournisseurs en ligne pour ce qui ne pousse pas dans le jardin, et sur une bibliographie.

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Questions fréquentes
La lessive au lierre lave-t-elle vraiment ?
Oui, sur du linge normalement sale. Sur des taches installées ou des textiles très gras, un détachant appliqué avant lavage reste nécessaire, comme avec une lessive du commerce.
Quand cueillir les feuilles de lierre ?
Toute l’année, c’est l’un de ses avantages. Préférez des feuilles adultes, bien vertes et luisantes, loin des bords de route.
Le lierre est-il toxique ?
Ses baies le sont, et ne doivent jamais être utilisées. On ne se sert que des feuilles, et la préparation est destinée au linge, pas à la consommation. Portez des gants si vous avez la peau sensible.
Peut-on la conserver plus longtemps ?
Une à deux semaines au réfrigérateur est la limite raisonnable. La congélation en portions est possible si vous préparez en grande quantité.
Faut-il un matériel particulier ?
Une casserole, une passoire fine et un bidon. Pour les autres recettes du livre, des bocaux en verre et une balance de cuisine suffisent.
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